Association ORT - SUISSE  -  Gazette Numéro 27 - janvier 2002
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 Catherine Gentilini

L'EDITORIAL DE CATHERINE GENTILINI

Il y a un sujet qui me tient particulière à coeur, c'est la survie de nos écoles ORT à Buenos Aires. Notre soirée du 10 octobre est en faveur de ces quatre établissements menacés de fermeture. Dans notre dernière Gazette nous vous en parlions déjà, mais d'une manière très générale.
Vos journaux, la télévision, diffusent régulièrement des informations de plus en plus alarmantes et pessimistes. Je vous épargne les chiffres et les pourcentages, dramatiques mais fluctuants, et toujours à la hausse, hélas.

Ce que j'aimerais partager avec vous ce sont deux témoignages.
Andres Knobel, étudiant en chimie, parle de sa préoccupation pour le cas où son école devrait fermer si les écolages perçus ne suffisent pas à son maintien. A cause de la crise, les grèves des transports publics sont fréquentes. Andres raconte comment, s'étant débrouillé pour arriver tout de même à l'heure pour son premier cours, il a vécu cette expérience :
« Quand je suis arrivé à l'école ce matin-là, sur les 2000 élèves habituels, seuls une quinzaine étaient présents. Je n'oublierai jamais combien c'était triste et déprimant, surtout à l'heure de la récréation et à la cantine. La vision de mon école pratiquement vide m'a effrayé. Heureusement, je savais que c'était à cause de la grève, mais je me disais que ça pourrait arriver par manque d'argent. Et à quoi bon avoir une aussi belle école, si elle doit être déserte ? »

Ces cinq dernières années ont été particulièrement difficiles pour Jonathan Zahari et sa famille.
Son père, qui est médecin, avait un cabinet médical jadis prospère à Buenos Aires. A présent. il ne travaille plus que très occasionnellement. Sa mère, femme au foyer, ne trouve pas de travail.
Cet étudiant est très reconnaissant envers l'ORT. Sans la bourse de l'Ecole ORT Technique Supérieure de Buenos Aires, il n'aurait pas atteint un tel niveau de formation.
Il dit : « J'ai quitté l'ORT avec un bagage que je n'aurais obtenu nulle part ailleurs à Buenos Aires. Avec cet acquis j'ai pu trouver un travail à mi?temps, qui m'a permis d'aider financièrement mes parents tout en entrant à l'Université. Pour moi, l'avenir est tout tracé : dès que j'aurai terminé l'Université, j'irai m'installer en Israël. Ce ne sera pas facile, mais Israël a plus à me proposer que le « rien » ou presque que je peux espérer en Argentine ».
Baruj Zeidenknop, directeur de l'ORT Argentine ajoute :
« L'éducation prodiguée par l'ORT représente la seule possibilité pour nos étudiants d'augmenter leurs chances de trouver du travail, brisant ainsi la spirale de la précarité et les aidant à se construire un avenir ».


LE BILLET DE PHILIPPE NORDMANN

L'ORT étant déjà présente dans une soixantaine de pays, Robert Singer a mis sur pied un groupe de travail chargé d'étudier de quelle manière on pourrait adapter et développer nos méthodes de formation professionnelle. En effet, les plus de cinquante ans sont de plus en plus nombreux, de plus en plus actifs, et cette tendance s'accentue.

Dans le temps on choisissait une carrière - à moins qu'elle ne vous soit imposée - et on gardait son emploi sa vie durant, ou une grande partie de sa vie professionnelle. Cette situation a changé. Parfois, arrivé à la cinquantaine, on bénéficie d'une certaine autonomie et on éprouve le désir ou la nécessité de changer d'orientation, de relever un défi. L'expérience acquise pourrait profiter à la société en général. Cependant, pour assimiler de nouvelles connaissances à 50 ans, les techniques ne devraientpas être les mêmes qu'à 18 ou 20 ans. Le but de l'ORT Mondiale serait de cibler cette catégorie, et d'influencer le marché du travail. On pourrait même envisager des écoles spéciales et des universités. « Nous sommes équipés pour y parvenir, nous avons déjà le réseau, mais il faudrait élargir ce concept et le partager avec d'autres partenaires » précise Robert Singer.

Le groupe de travail doit communiquer son rapport à la fin de l'année. Personnellement je trouve l'idée intéressante et j'aimerais avoir des réactions de « + de 50 ans», positives ou pas.

En attendant, je vous souhaite un bel automne.

 Philippe Nordmann

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